LE SENEGAL


Bonjour à tous,


Nous avons écrit notre dernier message de Saint-Louis. Depuis, nous avons eu la joie de faire le tour du pays, et nous revoilà au point de départ (ou plutôt au point de retour :-( )... Une pause s'impose donc pour vous envoyer le récit de nos aventures sénégalaises... Et c'est qu'il y en a à raconter !



SAINT LOUIS ET LA LANGUE DE BARBARIE



Saint-Louis est une jolie ville de pêcheurs aux multiples couleurs bordée d'eau (mer et fleuve). Dans cette ville qui grouille, les habitants vivent principalement des ressources maritimes. Ici, le quartier des pêcheurs, est une vraie foire dont la spécialité est le poisson séché préparé directement sur le bord du fleuve par les femmes. Ah ! C'est sûr on n'oubliera pas de si tôt l'odeur de Saint-Louis...

C'est vraiment un chouette endroit mais quel dommage que les détritus soient versés dans les eaux et que sur les abords de la plage on soit contraints de slalomer entre tous ces déchets...


Les enfants dans la rue affluent de partout, la vigilance s'impose sur les routes.... Les gens sont gentils, accueillants ou même indifférents à notre passage, ce qui nous offre un peu de tranquilité en dehors de la ville.


Nous établissons notre logis sur la plage de l'Hydrobase devant le campement de Racine que nous rencontrons là. Racine est un 'rasta bayfal'. Les bayfals sont des personnes guidées par des marabouts religieux. Des parents peuvent en effet confier leurs enfants, et selon l'enseignement reçu, ils deviennent membres d'une certaine confession. C'est un peu complexe et bien différent de notre culture. Nous apprenons ainsi l'existence des talibés, de très jeunes enfants remis entre les mains d'associations religieuses chargées de leur éducation. Un sujet sensible visiblement au vu des méthodes utilisées.. . Ce qui est sûr c'est que la religion est omniprésente. Et quel plaisir de savoir que catholiques et musulmans vivent ensemble au Sénégal dans la paix et le respect. Leurs valeurs assurent une atmosphère tranquille. Nous ne ressentons pas d'agressivité, même si de nombreux vendeurs ambulants nous feraient perdre patience. Ah biensûr, ils entendent notre refus, mais tant pis, ils t'invitent au plaisir des yeux, et de là toutes les méthodes sont bonnes pour te vendre un 'souvenir'. L'un doit vendre à tout prix pour que sa famille puisse manger le soir même, l'autre parce que sa grand-mère est malade, l'autre parce que c'est l'anniversaire de sa mère.C'est presque la fin de saison ici, et ils ont manqué cruellement de touristes, alors un toubab sur leur chemin vaut de l'or ! ...


Après avoir appréhendé cette ville, aux allures de la Louisianne diraient certains, un crochet dans la nature nous tente bien. Direction la langue de Barbarie à deux pas, au campement Zebrabar dans le parc national. Un environnement paisible, au coeur de la végétation parsemée d'oiseaux qui offrent des réveils de rêve.... La nature est restée maîtresse des lieux ici, espérons que cela dure...



7 mai : Retour à Saint Louis, pour le festival de jazz. Une petite halte pour déjeuner nous amène à rencontrer Maguette avec qui le courant passe fort bien. Une excellente cuisinière qui nous apprend à préparer le maffé de poulet, le riz au poisson ou fameux tjiboudienne (tit clin d'oeil pour Domi). Humm, et oui c'est aussi la découverte de la cuisine sénégalaise...


Pour le festival , du 8 au 11 des concerts sont organisés, en 'in' (concert payant dans une salle), et en off (groupes dans les bars). Nous assistons le 8 à la cérémonie d'ouverture, avec à l'affiche la plus célèbre chorale lyrique sénégalaise, Sorano, et la plus grande Diva. Alors, euh comment dire... très cérémonieux tout ça, trop peu de place pour la musique par rapport à tous ces tralala. Mais ca valait le coup d'être patients car nous aurons découvert les instruments du pays, des danses, des chants et des rythmes vraiment sympa !

Le lendemain soir, nous faisons plutôt le tour des bars qui servent ici enfin ! de la bière fraîche... Spectacle Djembé, et groupe de Dakar 'new age'... Pas de jazz dans tout ça, le festival est devenu désormais une grande fête de la musique sénégalaise.(question d'organisateurs...)



THIES, et ses environs :


11 Mai : Nous avons rendez-vous avec Abdoulay, le frère de Siré, une amie qui vit en France. Il nous guide dans son village où nous rencontrons la grande famille! La compagnie de tellement de gens simples, vrais, gentils est un régal. On se revoit sur cette paillasse dans ce petit jardin, sous un manguier énorme (les meilleures mangues que nous ayons mangé !), 2 chevaux, la famille et tous ces enfants... Tous ces enfants qui nous regardent un peu hagards avec qui la communication est un peu difficile... alors on attrape quelques feuilles de papier et des crayons de couleur, et en quelques secondes le jardin devient un vrai atelier dessin !

C'est un beau souvenir vraiment, on remettra à ce village une grande partie des livres, des vêtements, et des jouets emportés (merci à nos amis !).




LA POINTE DES ALMADIES ET N'GOR (banlieue de Dakar)


Le soir-même, direction Dakar avec Abdoulay que nous raccompagnons... Ouhhh ! Quel changement brutal, nous ne nous arrêtons pas, fuyant la ville pour la pointe des Almadies, en bord de mer. C'est un bel endroit, vraiment prisé de la jet-set sénégalaise. Nous sommes ici dans les riches quartiers de Dakar, et du coup, tout est cher. La brochette de 3 petits morceaux de seiche par exemple est vendu ici près de 5 €. On est loin des poissons énormes qu'on achète à Saint-Louis pour 2 € maxi! Sans compter tous ces vendeurs qui tentent leur chance. Ceci dit, nous passons un bon moment, et faisons la connaissance de Demba, le jeune gardien du parking. Il est adorable et on s'attache vite à lui. Il nous accompagne le lendemain sur l'île de N'Gor, nous présente à sa famille et nous a promis d'économiser dès maintenant de l'argent pour venir en France (puisqu'il nous semblait compliqué de le cacher dans le camion pour le retour ! ... ). inch'allah!




De DAKAR AU PARC DE NIOKOLO KOBA


Bon on ne peut pas traverser le Sénégal sans considérer la flore et la faune. Nous passerons donc par le parc du Niokolo Koba, au sud est.

On s'éloigne de la mer, la chaleur devient de plus en plus opresssante et la route entre Kaolack et Tambacounda est un cauchemar ! 200 km à peine en 2 jours sous un soleil de plomb.



Nous décidons, avec beaucoup de regrets, de renoncer au Mali et au Burkina Faso. Les 2 mois de retard pris au départ se répercutent ici... Il fait déjà trop chaud, et la saison des pluies approche à grands pas (déjà quelques pluies dans le sud) ... Alors il nous semble plus judicieux de prendre le temps de découvrir ce pays.



La visite du parc se fait avec un guide. Babus nous conduit sur les pistes qui traversent la forêt, et nous avons la chance de croiser des buffles, de nbreuses antilopes, dont la plus petite espèce, des varans, des phacophères, des oiseaux magnifiques, des singes verts, des babouins, des crocos et hippopo! (chouette!) dans un magnifique espace . Il s'agit dun parc d'environ 900 000 ha où les animaux vivent ensemble en toute liberté.



En route vers la CASAMANCE !


Région de KOLDA,


Babus au repos dans un petit sentier menant à un village, nous avons la chance de croiser Boubakar, un enseignant qui ne tarde pas à nous inviter à venir dans son école le lendemain matin. Nous parlons d'une chance car le matin-même nous réfléchissions à ce qui pourrait être fait entre une école sénégalaise et une école française...

6h30, le réveil sonne... nous nous préparons comme de jeunes écoliers pour rejoindre à l'heure la cour d'école!


Dessins, pliages, chants et danses, quel accueil ! Nous prenons chacun des élèves en photo (une centaine répartis en 3 classes du CP au CM2) ), des photos que nous leur enverrons en souvenir. Nous savons maintenant qu'il est réalisable de faire un jumelage avec une école française (avis aux amateurs!). C'est un bel échange, et un beau témoignage d'amitié franco-sénégalaise. Ils manquent de moyen, les cahiers et les stylos coûtent aux familles et l'aide du gouvernement est malheureusement insuffisante. L'école n'est pas obligatoire ici, et nous comprenons mieux pourquoi nous croisons tant d'enfants à longueur de journée dans les villages. Un jumelage permettrait à ces élèves, et même à ces enseignants de connaître un modèle différent d'éducation, qu'ils s'exercent en français, partagent leur culture, découvrent quelques paysages grâce à des photographies, des livres... C'est l'éducation même tout simplement... Nous reprenons notre route en espérant de tout coeur revenir ici un jour...




KAFOUNTINE


Mention spéciale à Kafountine, la petite Jamaïque du Sénégal!

Climat : 20/20 ! Paysages: 20/20 ! L'accueil : 20/20 ! La belle verte 20/20 ! :-)



On savoure chaque journée, la ville est belle et la vie tellement tranquille. On est marqué par le retour des pêcheurs en pirogue, par toutes ces couleurs qui longent la plage, les étalages de poisson fumé ou séché, vraiment différent de Saint-Louis.

Garé devant chez notre ami Gilbert, les rencontres continuent. Nous partons direction l'ile de Boun à 6, où nous ne savons encore s'il faut davantage redouter les moutes moutes (tous petits moustiques) ou les grosses (E-NOR-MES ) chauves souris ! Ca va, elles sont restées tranquilles... Seule l'attaque des moute moute laissera des souvenirs à chacun ...

Au lever du soleil, on reprend la pirogue pour aller visiter quelques champs de marijuana... Ici, dans ce petit coin de jamaïque, les gens vivent de cette culture très impressionnante...On visite, on discute avec les villageois...

Ben quoi... ? oui c'est tout, on reprend la pirogue et retour au bercaille !


Avant le départ, Moussou nous montrera aussi comment sont fabriqués les batiks, et c'est l'heure d'une dernière soirée spéciale autour de rythmes percu , des bêtes du djembé !



N'DANGANE - L'ILE DE MARLODJ



Nous rejoignons Véro, une toulousaine, (et si!) et son ami Prosper rencontrés à Kafountine sur l'ile de Marlodj. Une jolie île, calme, où les gens sont hospitaliers et souriants. Ici pas de bruit ni de pollution, on se déplace en calèche, car les distances entre les villages sont un peu longues. Nous ne faisons pas le tour entier, mais on se baladoche... Un artiste peint des tableaux en sable et nous montre la méthode.

L'ile de Marlodj est aussi le souvenir de Joelle et Jean Claude... rendez-vous à Narbonne !



Retour à Saint-Louis


Petit crochet par N'Gor pour revoir notre ami Demba, et retour à Saint-Louis chez Racine.

Avec des gens toujours aussi plaisants : Amadou, Arame, et toute la famille de la Payotte (où on mange bien !).



Nous vous faisons partager ici les moments clé de notre périple. Mais si nous résumions : « Au Sénégal, on s'éclate ».


à bientôt